Le
paseo a commencé avec trois minutes de retard, ou alors c'est ma montre.
Quatre erales de La Quinta, jolis, bien dans le type, poursuivant sans
relâche tout ce qu'on leur présentait.
Antonio
David, vêtu de vert et or a vu sortir du toril un novillo gris avec
les pattes et le ventre blancs. Il l’a bien toréé à la cape, et l'a
brindé au public. Il a toréé d’une muleta légère, jamais accrochée jusqu’au
centre de la piste. Le toro n’arrêtait jamais de marcher, ce qui est
toujours embêtant pour se replacer. La musique a joué dès la deuxième
série. Antonio David a toréé de la droite et de la gauche, a cassé un
palillo, tapé sur le cul du toro du plat de la main pour le faire se
retourner, fut désarmé, pincha par deux fois avant d’enfoncer l’épée,
et écouta la dépouille du toro se faire applaudir.
Une
dame derrière moi s'étonne: c'est avec mise à mort, pourtant ce n'était
pas spécifié sur le programme. Elle a raison, on devrait prévenir les
gens, leur dire que les animaux qui entrent dans une arène ne ressortent
pas vivants. Il faudrait également le signaler devant les abattoirs,
et aussi au supermarché, écrire sur l'emballage polystyrène et cellophane
« viande issue d'un animal mort »
Roberto
Blanco vêtu de drap gris et or, très élégant, hérite d'un toro noir
avec une étoile au front. Il est plus accroché, mais plus désordonné,
plus pueblerino et il fini avec son beau costard tout taché de sang.
Une épée dans les côtelettes, une multitude de pinchazos, un avis.
Le
troisième est un toro noir, qui sera brindé au public. Comme le premier
animal il marche sans arrêt, obligeant Antonio David à courir pour se
replacer, c'est fatigant rien qu'à les regarder, et c'est vrai que je
ne suis pas du matin. Une entière.
Pour
le dernier, Roberto Blanco se place à puerta gayola, hélas le novillo
ne le remarque pas du premier coup (voir video). Les banderilleros n'en
finissent pas, et le jeune torero demande le changement, la présidence
laisse courir, il n'a sûrement pas été vu... Il se regarde toréer (si
c'est possible, mais c'est plus facile de s'écouter parler), fait un
desplante complètement à coté du truc et se fait immédiatement huer.
Lors d'une de ses tentatives de mise à mort l'épée blesse le museau
du toro, il fini par l'occire d'une cinquième lame de coté.
Les
novillos dans les corrales
PIMENTS
AOC AUX BEOTIENS
Roquefort
encore, à 18h
Plus de monde, mais encore loin du lleno... La crise se fait sentir,
et malgré l'absence de corrida à Bayonne, l'arène n'est pas plus remplie
que l'an passé.
Gomez
de Pilar est vêtu d'un beau costume bordeaux et or. Mais ce qu'on remarque
en premier dans cette novillada, est ce premier novillo de Coquillas
Sanchez Arjona, magnifique, haut, noir, plus grand et gros que les bestioles
qu'affrontent régulièrement les têtes d'affiche de l'escalafon, bref
le genre qui foutrait les cheveux frisés de Javier Conde tout droits
dressés sur sa tête gominée...
Le novillo regarde dans le callejon, et les spectateurs espèrent bien
qu'il va sauter, histoire de mettre un peu l'ambiance. Il ne saute pas,
mais déchire deux capes coup sur coup, tandis que les péones sautent
dans le callejon d'un bel ensemble. Le picador pas rassuré est décanillé
sous les applaudissement du public. Pour la seconde pique, le cavalier
court vers le toro, franchissant les deux lignes peintes sous les huées,
sans déconner!
Gomez del Pilar réalise une faena courageuse, mais n'a pas encore le
métier nécessaire. Il conclue néanmoins d'une demie efficace et très
applaudie. Vuelta!
Du
toril sort un toro noir mat, avec un triangle sur le front, et Esau
Fernandez, costume blanc et or, l'attend pieds fixés dans la poussière.
A l'entrée du picador le toro s'échappe et on s'attend au pire le picador
n'étant pas en place, mais Gomez del Pilar l'écarte de justesse sous
les ouf de soulagement mêlés aux applaudissements. Ce joli toro prend
une bonne pique, mais personne ne se soucie de le sortir du cheval.
La seconde pique est pire, le picador continuant de piquer alors que
le toro n'est plus contre le peto, il le repique même plusieurs fois!!!
Il sort sous les huées. Banderilles en débandade, quelle cuadrilla!
Suivent quelques essais de passes, mais jamais liées, toujours haché.
Puis il prend rapidement l'épée, pinche et entre une entière.
Le
troisième novillo est noir poussiéreux, tout en muscles et en freinage
maîtrisé. Lopez Simon, costume rouge et or l'entraine au centre et ne
le lâche pas jusqu'à l'entrée du picador. Une pique et le jeune maestro
demande le changement. Le banderillero violet, très applaudit, salue
aux planches. Lopez Simon brinde au public. Entame par des ½ flexions
très applaudies, puis une série à gauche où il ploie élégamment son
corps, deux autres séries à gauche, différentes. Série à droite où le
toro montre quelques signes de fatigue, mais Lopez Simon le torée alors
à mi-hauteur.
Ce garçon est bon, il a un répertoire large. Après une dernière série
à gauche il enroule le toro autour de lui, dans un sens, puis dans l'autre,
puis trop relâché le toro le bouscule du frontal et le piétine. Il se
relève, recommence et fait un desplante vengeur.
Deux pinchazos, une entière dans un bruit mat, une oreille et une vuelta
fleurie.
Le
quatrième animal est magnifique: noir, très beau, très haut, le public
est franchement ravi! Gomez del Pilar lui fait une passe à genoux sous
les « oh » des spectatrices. Au moment de la pique, le Sergent Garcia
se place et se replace, donne une bonne pique appuyée de tout son poids.
Après deux chicuelinas et une gaonera Gomez del Pilar demande le changement.
Brindis au public. Gomez nous l'a alors joué « gladiator », il crie
beaucoup, gesticule plus encore, ôte ses chaussures (pour les remettre
à la mise à mort), desplante à contre-courant tandis que le public discute
pour passer le temps. Une entière, un descabello d'anthologie, et Gomez
lui même en était très content. Une vuelta.
Le
cinquième était noir, très haut lui aussi, les cornes au ciel. A la
pique le toro soulève la cavalerie par deux fois, la reposant sans dommage.
En sortant du peto, il semble avoir le port de tête toujours aussi haut.
Deuxième rencontre où le picador met la main à l'envers sous les applaudissements
du public. Esau Fernandez débute par une passe dans le dos avec le toro
venu de loin, hélas il s'arrête là. Puis il recule sans arrêt, et conclue
d'une entière.
Le
dernier toro est noir, avec le logo Nike sur le frontal et une tâche
blanche sous le ventre. Il prend une pique correcte mais longuette,
puis une autre où le picador avance sans arrêt sous les sifflets, sur
les bandes blanches, et comme il doit saluer et faire tout le tour,
les noms d'oiseaux volent bas sur son passage. Puis le toro a reculé
jusqu'au centre de la piste, le torero a du faire une faena, mais entre
les textos que j'envoyais et ceux que je lisais, je n'ai pas vraiment
suivi. Une épée, deux descabellos.
Photos
de Rémi Laffourcade, tous droits réservés.
Après
selon son habitude, la musique a joué le temps que le public sorte des
arènes, et puis on est allé chercher un blouson parce que maintenant
le 15 août ça doit être en automne tellement on se pèle le soir!
Le Cercle
Taurin Roquefortois
El Toro
y la Luna...
Au Cercle Taurin Roquefortois grillade de toro avec piperade, les deux
délicieux. Ceux qui mangeaient de la daube à la même table que moi étaient
très contents aussi, moi moins parce que l'odeur était puissante.
Mais un type avait décidé de finir sa soirée en allumant un barreau
de chaise, donc avec l'odeur du tabac je ne sentais plus celle de la
daube. Je ne sais toujours pas laquelle est la pire!